Hommage : Elisabeth Georges-Labouesse

Elisabeth Georges-Labouesse
10 Septembre 1955 – 21 Juillet 2012.

Native de l’Ile Maurice où elle passa son enfance, Elisabeth arriva avec sa famille dans la région parisienne à l’âge de 10 ans. Elle fit ses études au lycée de Rueil-Malmaison et à l’Université Paris 6, son DEA dans le laboratoire de Daniel Blangy et sa thèse dans l’Unité des Papillomavirus dirigé par Gérard Orth à l’Institut Pasteur. A l’époque elle fut parmi les premières à caractériser le programme transcriptionnel d’un papillomavirus.

Attirée par la biologie des organismes, elle profita de son stage postdoctoral dans le laboratoire de Richard Hynes au MIT (Cambridge, US) de 1989 à 1992 pour s’initier à la technique alors naissante du KO chez la souris. Elle appliqua cette technologie génétique d’abord à l’analyse du rôle de la fibronectine pendant son postdoc, puis à l’analyse du rôle de l’intégrine-alpha6, qui associé aux chaines beta1 ou beta4 reconnaît les laminines dans son propre laboratoire à l’IGBMC. Dans chacun des cas, Elisabeth a apporté des contributions majeures pour la compréhension du rôle des intégrines et des protéines de la matrice extracellulaire au cours de l’embryogenèse et dans l’architecture des tissus épithéliaux. Elle fut par exemple la première à établir que l’intégrine-alpha6 est essentielle à l’assemblage des hémidesmosomes dans la peau, et à la morphogenèse de la crête apicale épidermique du bourgeon de membre. Son travail de postdoc demeure le 12ème article le plus cité de l’histoire du journal Development. Ses études récentes et très prometteuses exploraient les liens existant entre intégrine-alpha6 et réponse inflammatoire pré-cancéreuse.

Outre son activité de chercheur, Elisabeth a toujours contribué de manière active à la vie collective scientifique de l’IGBMC au sein de divers comités internes, et plus généralement de la communauté scientifique française en tant que membre d’une commission ARC au début des années 2000, puis de la commission CT1 INSERM de 2002 à 2007, et plus récemment du bureau de la SBCF. Toujours disponible pour ses collègues, son franc parler et son humour décapant, hérités en partie de son éducation anglo-saxonne à l’Ile Maurice, allié à une grande douceur et une approche positive de la vie en faisait une personnalité très attachante et appréciée. Son humanité la conduisait à conserver un jugement équilibré des gens, tout en étant prête assumer ses opinions avec grand courage. Elle a combattu avec détermination et grande dignité le cancer. Elisabeth laisse derrière elle un groupe qui sera désormais animé par sa plus proche collaboratrice Adèle de Arcangelis, et deux filles – Céline et Marie – qui furent sa joie et sa fierté.

ML

PhD positions available

The Laboratory of Biology of Tumor and Development, Giga-Cancer (Prof A. Noel and Prof J.M. Foidart) at the University of Liège (Belgium) has two opening positions for PhD beginning on October 2012 (3 years). These projects in cancer biology are related to mechanisms leading to metastasis formation and involve cellular and molecular biology, as well as innovative in vivo and in vitro assays. These positions offer the opportunity to be trained in a dynamic environment inside the GIGA (http://www.giga.ulg.ac.be/jcms/c_5015/accueil).

The first research project concerns the study of mesenchymal stem cells derived from the bone marrow. These cells are recruited within the tumor stroma and contribute to tumor progression and metastasis formation. We plan to investigate the molecular mechanisms of the interplay between cancer cells and mesenchymal stem cells. This project developed in the context of a european consortium is an excellent opportunity to contribute to european research with regular contacts with partners from different countries.

The second project is a Télévie (FNRS, Belgium) project aiming at investigating the mechanisms of action of a membrane type matrix metalloproteinase (MT-MMP) involved in metastatic dissemination.

For detailed description of the scientific projects and positions, please contact: Prof Agnès NOEL agnes.noel@ulg.ac.be (0032-(0)4/366 25 68).

Hard worker and highly motivated candidates, please send your letter of motivation and full CV to agnes.noel@ulg.ac.be, as soon as possible and at the latest on 30/08/2012.

Hommage : John Scott par Ladislas Robert

In Memoriam John E. Scott.

Nous avons reçu la nouvelle de la disparition de notre ami John Scott par un courriel envoyé par François Maquart de Reims, lui-même informé par Peter Bruckner, le rédacteur en chef de Matrix Biology, à la suite d’un message de John  Scott Junior. Lors de son décès John avait 81 ans. Notre amitié remonte à une cinquantaine d’années, c’était en faisant des longueurs dans la piscine d’un hôtel à Swampscott, près de Boston, lors d’un colloque organisé par notre ami Bandi Balazs sur les glycoconjugés d’intérêt biologique, dont ceux des tissus conjonctifs. John, assis au bord de la piscine m’a interpellé, j’ai arrêté de nager et nous nous eommes rapidement impliqués dans une discussion sur ce qui était encore les mucopolysaccharides acides, son sujet de recherche au cours des décennies à venir. Nous nous sommes revus régulièrement, le plus souvent chez nous à Paris, parfois chez lui, d’abord dans son village près de l’aéroport Heathrow, ensuite à Manchester, devenu « sa ville », où  il s’est éteint récemment.

Il a débuté dans un hôpital militaire, le Canadian Red Cross Memorial Hospital, important pendant la dernière guerre, dans le laboratoire du Service de Rhumatologie, déjà intéressé qu’il était par le rôle du tissu conjonctif dans ces pathologies. Officier pilote dans la Royal Air Force, après la dernière guerre, John était capable de reconnaître la marque des avions au seul bruit de moteur lors de leur descente  sur l’aéroport d’Orly, près de notre résidence au cours des années 1960 – 1970, où nous avons souvent déjeuné ensemble.

Très tôt John s’est spécialisé dans l’étude des polysaccharides appelés à l’initiative  de Balazs et Jeanloz dès la fin des années 1960, glycoaminoglycannes ou GAG-s. Il a publié un nombre important d’articles, souvent dans la revue britannique Biochemical Journal, ainsi que dans d’autres revues de même niveau. Les travaux de John sont tous d’une originalité et d’une qualité exceptionnelle.

Mentionnons ici seulement quelques-unes de ses découvertes importantes. En premier la mise au point d’une méthode d’identification histochimique sélective des différents GAG-s à l’aide d’un colorant, le cupromeronic blue qu’il a synthétisé. En augmentant progressivement la force ionique du milieu en présence de détergent d’ammmoniums quaternaires, on peut séparer les différents GAG-s en solution mais aussi en histochimie et en microscopie électronique, méthode largement utilisé à travers la communauté scientifique.  Un autre travail important a été la démonstration du site d’interaction entre les fibres de collagène et les glycosaminoglycannes. La précision de ces interactions est importante pour l’élasticité du cartilage. Elle est aussi une des conditions de la transparence de la cornée, riche en fibres de collagène et aussi en glycosaminoglycannes.

Plusieurs autres travaux cités dans ses livres, interviews ou sa bibliographie accessible sur PubMed, et en particulier dans le livre publié récemment par  Endre A. Balazs et le couple Hargittai sur les chercheurs spécialisés dans l’étude de l’hyaluronane –lui ont valu de nombreuses distinctions. Ses travaux restent d’une actualité scientifique bien après leur publication. John a été un excellent conférencier, régulièrement invité pour des exposés à des colloques. Nous avons fait appel à lui pour être rapporteur de thèses ou pour participer à l’enseignement organisé au niveau postdoctoral. John était un hôte intéressant lors de nos visites à Manchester, ville qu’il connaissait et aimait tout particulièrement. John a été un des initiateurs de la fondation du Club Anglais des Mucopolysaccharides, qui, avec le Club du Collagène a donné naissance à la Société Anglaise des Tissus Conjonctifs. En 1967 la Société Française des Tissus Conjonctifs, présidé alors par Albert Delaunay, avec moi comme secrétaire et Suzanne Bazin comme trésorière, a invité les deux clubs anglais ainsi que Klaus Kühn  comme représentant des chercheurs allemands de cette spécialité – il n’y avait pas encore de Société Allemande – pour fonder la Fédération des Sociétés Européennes des Tissus Conjonctifs (FECTS) qui se réunit depuis tous les deux ans. John, avec ses collègues anglais, dont John Dingle, devenu le directeur des Strangeways  Research Laboratories à Cambridge, ainsi qu’avec Alen Bailey de Bristol, le premier Colloque de la FECTS à Cambridge, l’été 1968, en plein effervescence révolutionnaire à Paris, dans le prestigieux Trinity College, avec des participants de bien au-delà de l’Europe, des Américains, des Japonais. Par la suite John Scott est resté un co-organisateur zélé de ces réunions, une figure scientifique familière et sympathique à travers le monde scientifique international.

Nous ne l’oublierons certainement pas…

L. Robert, Paris

 

Références à une interview biographique et des livres édités par J. Scott :

 

Interview avec John Scott, pp 298 – 327 dans :

Hyaluronan – From Basic Science to Clinical Applications
Endre A. Balazs, General Editor
Volume 1
Conversations with Hyaluronan Scientists
Magdolna Hargittai and Istvan Hargittai
PubMatrix
Edgewater, New Jersey, 2011

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KERATAN  SULPHATE
Chemistry, Biology, Clinical Pathology
A meeting held in Vaalsbroek, August 1988
Edited by Helmut Greiling University of Technology, Aachen, FRG
and John E. Scott Victoria University of Manchester, UK
LONDON: THE BIOCHEMICAL  SOCIETY  1989

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Dermatan  Sulphate  Proteoglycans
Chemistry, Biology, Chemical Pathology
Edited by John E. Scott
Portland Press
London and Chapel Hill  1993